jeudi 13 septembre 2012

Drague en Mauritanie : les femmes sont en première position... Reportage dans la capitale mauritanienne


Les Mauritaniens utilisent les méthodes les plus diverses pour draguer où qu’ils se trouvent. Dans la rue, certains, les plus courageux, n’hésitent pas à prendre par le bras une femme qui leur a fait de l’effet. Tandis que d’autres, plus discrets ou timides, la suivent pour lui dire quelques mots doux ou lui demander son numéro de téléphone. Alassane est un habitué de la drague en pleine rue.. Il est vendeur de crédit : « Lorsque j’ai une femme devant moi, je n’hésite pas à lui dire qu’elle me plaît si c’est le cas. Les réactions sont souvent inattendues. Il m’est arrivé de rencontrer de jeunes filles qui m’ont donné leur numéro de téléphone. Mais très souvent, je tombe sur des femmes très difficiles voire froides alors je n’insiste pas ! » 

Quand les femmes attaquent ! 

Pourtant, elles sont nombreuses ces femmes qui se font belles pour aguicher. Mariètou une femme mauresque noire, 51 ans, travaille dans une école de la place. Avant de sortir chaque matin, elle prend tout le temps nécessaire pour se faire belle. « Quand je me regarde dans un miroir, si je fais un pas, il faut que je ressente moi-même l’effet que je peux avoir sur les autres. Surtout les hommes, je sais alors que je suis belle et je me sens vivre. » Mariée depuis de nombreuses années et après plusieurs maternités, elle tient à rester belle et à séduire son mari comme au premier jour. Plus qu’une affaire de coquetterie, c’est une question de bien-être. « Je prends soin de moi. Je fais du sport, des massages, de la pédicure, de la manucure, bref tout ce qui peut me rendre séduisante. Mais aussi en pratiquant régulièrement ma réligion et cela ne va pas dire que je suis mauvaise ». Rougui Ba et Ramatoulaye sont mariés depuis deux ans et c’est elle qui a fait le premier pas. « J’ai été séduite par l’expression de son visage. J’aime les hommes qui ont de la personnalité. Quand je l’ai vu, je suis allée vers lui et je lui ai dit je te veux. Et je l’ai eu ! », Raconte Rougui. Aujourd’hui, elle continue de se faire belle pour lui plaire mais aussi pour plaire à d’autres… Tout se passe dans le regard. « Je regarde un homme longtemps, s’il baisse les yeux avant moi, alors, je comprends que je peux l’avoir. Je fonce. Et en général, ça se passe bien. » Elle n’hésite pas à recommencer souvent pour s’assurer qu’elle peut encore séduire, avoir de l’effet sur d’autres hommes. « Quand je passe toute une journée au bureau, avant de rentrer le soir, je me fais une petite beauté, pour m’amuser un peu, pour draguer » avoue-t-elle en souriant. 

Sois correcte et tu seras courtisé, ma petite ! 

M. est de la trempe de Rougui qu’on vient de rencontrer prés du marché capitale. Comme cette dernière, elle n’hésite pas à faire le premier pas quand un homme lui plaît. Elle lui déclare sa flamme même si cela ne marche pas. « Au moins, je me sens libérée d’un poids », dit-elle. « Nous ne sommes plus à l’époque de nos grands parents où il revenait à l’homme de faire la cour à la femme. » Au quotidien, elle prend soin d’elle. Car dit-elle, il ne faut pas que « son homme » aille voir ailleurs ce qu’elle peut lui offrir. « Une femme qui n’est pas attirante, c’est n’importe quoi ! Autant je suis exigeante envers les hommes qui me plaisent, autant, je suis exigeante envers moi-même ! », insiste-t-elle. Tout y passe. Soins de visage, coiffure, achat de nouvelles tenues, perles, chaînes , maulfes de valeures, grand boubou etc…, tout est bon pour séduire et faire de l’effet, dans la rue comme à la maison. De son côté, B. déteste draguer. « Je préfère étouffer ce que je ressens pour un homme, je suis même prête à mourir pour ne pas déclarer ma flamme à un homme ! C’est un peu africain.. اa dépend aussi de l’éducation reçue, mais c’est ainsi ! » Se faire belle pour soi-même et pour séduire pourquoi pas, mais jamais draguer un homme. C’est son principe. « J’aime ce méthode, me sentir bien dans ma peau. Je présume qu’il y en a à qui ça fait un effet et d’autres que cela laisse indifférent, mais je me fais belle pour moi et je me dis je vais certainement plaire à quelqu’un », confie-t- elle. 

Sada mbodj

mardi 11 septembre 2012

Makeda : La Reine de Saba

A l'époque antique, les femmes noires étaient réputées pour être très belles et pour avoir une forte personnalité. Ce fut le cas des reines de l'Ethiopie comme Nubia, Kush, Axum et Sheba. L''Ethiopie avait été dirigée par une lignée de reines qui devaient être vierges, dont Makeda, la reine de Sheba, ou de Saba.
Selon la bible, le Roi Salomon d'Israel qui avait décidé de construire un immense temple, avait envoyé des messagers dans plusieurs pays étrangers, dont  l'Ethiopie. A son arrivée dans ce pays peuplé de Noirs, le Roi Salomon avait été frappé par la beauté des femmes noires, jusque là inconnues pour lui.
Il rencontra Tamrin, un des sujets et négociant de la reine Makeda, avec qui Il décida de commercer. Il fit venir Tamrin en Israel et ce dernier fut impressionné par le Roi Solomon et sa jeune nation. Il resta marqué par la sagesse et la compassion que Salomon avait pour son peuple et à son retour, il ne manquera pas de raconter son voyage à la Reine Makeda. La souveraine fut envahie par le désir de visiter le Roi Salomon et son pays, elle voulait voir tout ce que Tamrin lui vait raconté de ses propres yeux.
Salomon fut prévenu à l'avance de l'arrivé de la reine, et avant même son arrivée, il avait demandé qu'un appartement spécial soit construit dans le pays. Comme elle se l'était promis, la reine vint rendre visite à Salomon, chargée de cadeaux: de l'or, des pierres précieuses, des épices, etc...Le Roi et son peuple furent éblouis par cette grande femme noire au traits fins et majestueux, à tel point que  Salomon, épris des désirs les plus fous pour Makeda, voulu satisfaire tous ses désirs. A son arrivée, Makeda  se vit offrir les meilleurs mets et les plus beaux vêtements, ce qui ne lui déplut guère vu qu'elle avait coûtume de se changer plusieurs fois par jour.
Le roi Salomon, finalement  îvre d' amour pour la reine éthiopienne, avait été  jusqu'à lui installer un trône près du sien. Et bien que Salomon possédait un harem de plus de 700 épouses et concubines, il n'avait d'yeux que pour cette  jeune vierge noire.
Salomon s'imagina avoir un enfant avec  Makeda, un fils pour assurer sa lignée africaine majestueuse. Et quand la Reine Makeda, 6 mois plus tard, lui annonça qu'elle voulait regagner l'Ethiopie, il se mit à concocter le plan extraordinaire que voici:
Salomon organisa d'abord un somptueux dîner d'adieu pour la souveraine, une réception pendant laquelle il lui offrit des mets et des breuvages composés de potions somnolentes. Et comme le dîner se termina très tard, le roi  invita la Reine Makeda à passer la nuit dans le palais. Elle accepta après qu'ils se soient convenus qu' ils dormiraient dans des lits séparés et que le roi ne chercherait pas à tirer profit d'elle. Le roi  jura d'honorer sa chasteté, mais  à la seule condition qu'elle n'emporte rien de son palais. Makeda se sentit outragée par le chantage, et dit à Salomon qu'elle n'était pas une voleuse! Elle promit tout de même de ne rien emporter. Peu après s'être séparés , la reine eut soif. Elle trouva une grade fiole d'eau dans l'immence hall du palais et se mit à boire.  Salomon la surprit et lui dit "Vous avez cassé votre serment que vous ne prendriez pas quelque chose dans mon palais". Makeda protesta, car selon elle, la promesse ne couvrait pas quelque chose de si naturel et intarrissable que l'eau! Mais Solomon lui dit qu'il n'y avait rien au monde de plus important et de plus vital que l'eau, car sans elle il n 'y aurait pas de vie. Makeda admis à contre-coeur que le roi avait raison et lui fit ses excuses. Libérée de sa promesse, Salomon la laissa soulager sa soif et en fit autant en passant la nuit avec elle et en la prenant immédiatement  comme femme.Le jour d'après, avant son départ d'Israel, le roi  plaça un anneau sur sa main et lui dit "si vous avez un fils, donnez -lui ceci et envoyez-le moi".
Après son retour à Sheba, la Reine Makeda se rendit compte qu'elle était en effet enceinte. Elle eut un fils, qu'elle appela "Fils-du-sage-homme", et éleva comme  prince, le seul héritier au trône. Une fois adulte, le jeune homme voulu rendre visite à son père et  la reine prépara son voyage, et cette fois-ci, dirigé par Tamrin. Elle envoya un message à Salomon pour qu'il oigne leur fils comme roi de l'Ethiopie. Seulement les mâles qui descendraient de leur fils devraient régner sur Sheba.
Salomon et les juifs se réjouirent de l'arrivée du jeune prince en Israel. Le roi le oignit comme la reine l'avait demandé. Le roi renomma son fils Menelik, ce qui signifiait "comme il est beau". Bien que Salomon ait eu beaucoup d'épouses, une seule avait eu un fils, Rehoboam, un garçon de sept ans. Ainsi le roi  pria Menelik de rester, mais le jeune prince ne voulu pas. Salomon appela donc ses chefs et nobles pour leur annoncer qu'il renvoyait son fils aîné en Ethiopie qu'il voulait qu'ils accompagnent afin de devenir ses conseillers et dirigeants, chose qu'ils acceptèrent.
 Menelik demanda à son père une relique de l'arche de l'alliance et l'emmena avec lui à Sheba. Cependant, les fils des conseillers virent ce don et ce départ d'un mauvais oeil. Fâchés de devoir quitter leur royaume et l'arche pour accompagner Menelik, ils volèrent la vraie et la ramenèrent en Ethiopie. Ils souhaitaient par ce geste créer un incident diplomatique, mais le roi; à qui l'on rapporta leur projet mesquin les stoppa avant.
Menelik retourna à Sheba et, selon la tradition,  il regna avec sagesse. Sa célèbre lignée  a continué a exister jusqu'au 20ème siècle et on en trouve encore de nos jours à travers le sigle d'Ethiopie « conquête du lion de Judah » descendance directe du Roi Solomon et la reine de Sheba.

Source :  reinesheroinesdafrique

lundi 27 août 2012

Viol a la Socogim Ps : un violeur condamné un autre libéré

Dans la nuit du vendredi au samedi 18 août 2012, vers 3 heures du matin, trois personnes armées ont pénétré dans un salon de coiffure situé en face de l’institut supérieur d’études et de recherches islamique (ISRI) dans le quartier de la  Socogim Ps. Ils étaient munis d’une arme à feu et d’un couteau pour intimider leurs vis-à-vis afin de rendre facile leur forfait.  Ils ont d’abord menacé  le seul homme et les 5 jeunes femmes qui se trouvaient sur les lieux, avant de kidnapper une mineure de 17 ans qu’ils ont fini par violer dans un lieu inconnu. Elle sera retrouvée quelques heures plu tard  en face du siège du groupement Général de la sécurité routière et conduite au centre National Hospitalier de Nouakchott. Dans la même  journée vers 18 heures, deux  des malfaiteurs furent épinglés par la police et conduit au commissariat de police I de ksar, tandis que le troisième homme était toujours en cavale. Ce  jeudi 23 août l’un d’entre eux a été mis sous mandat de dépôt à la prison civile de Dar Naim tandis que le second fut libéré pour des raisons que nous ignorons.



Djigo Souleymane















samedi 11 août 2012

La Jeunesse au cœur de l'humanitaire : [Maxi Reportage Photos]



Pour sa troisième  grande sortie, toujours dans le cadre de l’opération ramadan 2012, l’ONG « la marmite du partage »a  distribué, ce vendredi 10 août 2012, dans le quartier de Kebbe marbat, 1500 plats à  des familles en situation précaire. Comme à la première sortie, à Tarhil, la deuxième à Dar Naim, une équipe de 100  jeunes mauritaniens, issus de toutes les couches sociales et de tous les horizons, ont uni leurs forces, pour venir en aide aux personnes nécessiteuses.
Ces opérations entamées depuis le début du mois de ramadan ont comme  objectifs, d’attirer une grande participation du public aux différentes activités du projet humanitaire: collectes des finances, organisations, cuisine et distribution de repas. Ainsi que les bénévoles  se retrouvent chaque trois jours  dans les différents ronds-points de la capitale pour distribuer de l’eau, des dattes et du lait aux personnes prises dans les embouteillages. Chaque vendredi  une sortie est organisée dans les différents quartiers précaires de Nouakchott pour distribuer au minimum 400 repas, toujours dans ce cadre l’ONG choisira 20 familles pauvres, pour leurs attribuer chacune, un mouton pour la fête de l’Aid El Fitr.
Khally Diallo, initiateur du projet,  a indiqué à cette occasion que «Le mois de ramadan est un moment de communion, de solidarité, de pardon, de dévotion et de partage raison pour laquelle nous l’avons choisi pour être plus proche de la population »
 Les bénévoles gèrent et coordonnent, tout au long de ce mois de Ramadan, les différentes phases de l'opération, notamment, les activités de préparation et de répartition des repas. Ils veillent également à ce que l'opération de distribution se déroule dans de bonnes conditions et surtout à ce que tout le monde soit servi.
. «Quiconque se présente sera servi,  c’est une fierté pour nous d’avoir été choisis pour superviser et coordonner les opérations de distribution» a dit  Ismaila Tandia, un bénévole.
Cette journée a été marquée par la présence du Pr. Lo Gourmo qui a vivement salué l’initiative
« Les jeunes sont animés d’une volonté remarquablement solide et très efficace du point de vue de l’organisation, ces jeunes sont portés par une ambition très élevée, celle de servir les populations nécessiteuses. Ils constituent pour moi un exemple non seulement pour la jeunesse  mais également pour les adultes de ce pays. Ce problème de pauvreté devrait être réglé depuis longtemps puisque nous sommes un pays riche, riche de nos potentialités humaines, de nos moyens  matériels et minier, et que notre pays connait malheureusement une misère extrêmement vaste »
Cette importante action de solidarité durera jusqu'à la fin du mois de ramadan. Grâce à l'aide précieuse des bienfaiteurs comme la communauté urbaine de Nouakchott, de pizzorno et au dévouement des bénévoles, l’opération de distribution des repas se déroule dans un climat empreint d'enthousiasme et de solidarité.

Djigo Souleymane 
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                                                                          Reportage Photo









dimanche 15 juillet 2012

les chatiments Ultima verba

La conscience humaine est morte ; dans l’orgie,
Sur elle il s’accroupit ; ce cadavre lui plaît ;
Par moments, gai, vainqueur, la prunelle rougie,
Il se retourne et donne à la morte un soufflet.
La prostitution du juge est la ressource.
Les prêtres font frémir l’honnête homme éperdu ;
Dans le champ du potier ils déterrent la bourse ;
Sibour revend le Dieu que Judas a vendu.
Ils disent : - César règne, et le Dieu des armées
L’a fait son élu. Peuple, obéis, tu le dois ! -
Pendant qu’ils vont chantant, tenant leurs mains fermées,
On voit le sequin d’or qui passe entre leurs doigts.
Oh ! tant qu’on le verra trôner, ce gueux, ce prince,
Par le pape béni, monarque malandrin,
Dans une main le sceptre et dans l’autre la pince,
Charlemagne taillé par Satan dans Mandrin ;
Tant qu’il se vautrera, broyant dans ses mâchoires
Le serment, la vertu, l’honneur religieux,
Ivre, affreux, vomissant sa honte sur nos gloires ;
Tant qu’on verra cela sous le soleil des cieux ;
Quand même grandirait l’abjection publique
À ce point d’adorer l’exécrable trompeur ;
Quand même l’Angleterre et même l’Amérique
Diraient à l’exilé : - Va-t’en ! nous avons peur !
Quand même nous serions comme la feuille morte ;
Quand, pour plaire à César, on nous renierait tous ;
Quand le proscrit devrait s’enfuir de porte en porte,
Aux hommes déchiré comme un haillon aux clous ;
Quand le désert, où Dieu contre l’homme proteste,
Bannirait les bannis, chasserait les chassés ;
Quand même, infâme aussi, lâche comme le reste,
Le tombeau jetterait dehors les trépassés ;
Je ne fléchirai pas ! Sans plainte dans la bouche,
Calme, le deuil au cœur, dédaignant le troupeau,
Je vous embrasserai dans mon exil farouche,
Patrie, ô mon autel ! Liberté, mon drapeau !
Mes nobles compagnons, je garde votre culte ;
Bannis, la République est là qui nous unit.
J’attacherai la gloire à tout ce qu’on insulte ;
Je jetterai l’opprobre à tout ce qu’on bénit !
Je serai, sous le sac de cendre qui me couvre,
La voix qui dit : malheur ! la bouche qui dit : non !
Tandis que tes valets te montreront ton Louvre,
Moi, je te montrerai, César, ton cabanon.
Devant les trahisons et les têtes courbées,
Je croiserai les bras, indigné, mais serein.
Sombre fidélité pour les choses tombées,
Sois ma force et ma joie et mon pilier d’airain !
Oui, tant qu’il sera là, qu’on cède ou qu’on persiste,
Ô France ! France aimée et qu’on pleure toujours,
Je ne reverrai pas ta terre douce et triste,
Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours !
Je ne reverrai pas ta rive qui nous tente,
France ! hors le devoir, hélas ! j’oublierai tout.
Parmi les éprouvés je planterai ma tente :
Je resterai proscrit, voulant rester debout.
J’accepte l’âpre exil, n’eût-il ni fin ni terme,
Sans chercher à savoir et sans considérer
Si quelqu’un a plié qu’on aurait cru plus ferme,
Et si plusieurs s’en vont qui devraient demeurer.
Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S’il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !


Victor Hugo 

dimanche 1 juillet 2012

Me Fatimata Mbaye triomphalement accueillie à Nouakchott


Prix «Héro pour la lutte contre la traite des personnes»:


Les évènements se succèdent mais ne se ressemblent pas. Celui qui a consacré le retour de Me Fatimata Mbaye des Etats-Unis où elle était partie pour recevoir son prix «Héros pour la lutte contre la traite des personnes» pour la défense des mineurs, en est un autre. Parents, AMDH, Ong de défense des droits de l’homme, amis et la presse l’ont réservée un accueil chaleureux et triomphal ce 28 juin à l’aéroport de Nouakchott. Retour sur un évènement plein d’émotion et de satisfaction.

L’Association Mauritanienne pour la Défense des Droits Humains (AMDH), a sonné la mobilisation ce 28 juin dernier pour l’accueil de sa présidente, Me Fatimata Mbaye qui revient du pays de l’Oncle Sam où elle venait de recevoir le prix «Héro pour la lutte contre la traite des personnes» pour la défense des  mineurs et pour son engagement militant pour le respect des droits humains. L’émotion était à son comble. Boubacar Ould Messoud de SOS Esclaves, Aminetou Mint Ely de l’Afcf, une délégation des femmes de l’IRA, de Touche pas à ma nationalité (TPMN) ainsi que les représentants des coordinations de l’Amdh de l’intérieur (Boghé, Brakna) ont bravé la chaleur pour aller accueillir cette femme qui a marqué le combat des droits de l’homme et qui s’est distinguée dans ce parcours parsemé d’embuches et d’obstacles.
C’est d’ailleurs cette distinction et le couronnement de ces efforts dans la lutte pour le respect des droits de l’homme qui ont été les résultats à l’origine de ce grand prix. Me Fatimata Mbaye est une femme petite de taille mais dont la conviction, l’engagement militant et le courage de combattant restent hors pair. Plusieurs fois emprisonnée, humiliée, parfois brimée, mais la constance et la détermination dans le combat qu’elle menait, sont sans commune mesure.
Aujourd’hui, l’Amdh, née sur les fonds baptismaux en 1991, peut se satisfaire d’avoir forgé des militants engagés et convaincus dont les efforts dans la lutte pour le respect et la défense des droits humains sont aujourd’hui récompensés après 21 ans de combat acharné dans un pays où parler des droits de l’homme, relevait à l’époque, du suicide. Et ce n’est pas Me Fatimata Mbaye, le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara, Boubacar Messoud ou encore Aminetou Mint Ely, Sall Djibril, 1er vice président de l’Amdh, Me Brahim Ebetty … pour ne citer que ceux-là, qui diront le contraire.
Ce prix reçu par Me Fatimata Mbaye, constitue le troisième pour les défenseurs des droits de l’homme, après Boubacar Messoud de SOS Esclave en 2008, Aminetou Mint Ely de l’Afcf en 2009 et aujourd’hui Me Fatimata Mbaye.

Après le prix, l’émotion …

Il fallait être à l’aéroport de Nouakchott  ce 28 juin à 16h pour mesurer l’émotion des militants des droits humains. C’est d’abord les parents les premiers à verser les larmes pour la simple raison de voir leur fille avec une distinction reçue très loin de son pays natal, aux Etats-Unis à l’image de ses prédécesseurs. Les militants de l’Amdh et défenseurs  des droits humains tout court, n’ont pas été en reste. C’était le comble de la satisfaction. Et Me Mbaye n’a pu retenir elle aussi ses larme tellement l’émotion était grande. Interpellée sur cet honneur, elle déclare : «C’est  une reconnaissance pour tout le monde, pour tous les défenseurs des droits de l’homme qui se battent pour l’avènement d’un citoyen libre, indépendant et qui se battent aussi pour l’égalité dans la société et contre toute sorte de traite et d’asservissement de la personne humaine». Pour Me Mbaue, «c’est un pas vers le couronnement des efforts que nous fournissons sur le terrain. C’est aussi une interpellation pour continuer le travail sur le terrain mais également pour passer le relais aux générations futures. Nous avons fait ce que nous avons pu faire et le reste, c’est aux générations futures de poursuivre le combat ». La lauréate du prix « Héros » garde l’espoir pour un avenir meilleur dans le respect des droits humains en Mauritanie. «Nous espérons que cella portera ses fruits et que la Mauritanie va se débarrasser  la tête haute de toute cette pratique négationniste de la personne humaine. Et que nous serons dans une société égalitaire et indépendante » déclare Me Mbaye toute en larmes, sous le coup de l’émotion.

Les défenseurs des droits humains satisfaits …

Les militants des droits humains n’ont pas caché leur satisfaction. Ils étaient nombreux à témoigner le combat qu’a mené Me Mbaye et ses amis. Pour Sall Djibril, 1er vice président de l’Amdh, «Nous ressentons une fierté. Ce prix est un le fruit d’une lutte longtemps menée par notre Association qui a été créée en 1991 et reconnue qu’en 2005 » a-t-il indiqué. «Nous avons lutté et ça c’est le fruit que Me Mbaye et les autres qui l’ont précédé ont lutté et fait pour cette organisation. Nous en sommes très fiers. Moi, je viens de 350km du Brakna, malgré mon âge, pour fêter ce prix parce que c’est important pour l’organisation».
Pour sa part, Boubacar Messoud de SOS Esclave, fervent défenseur des droits de l’homme dira en substance que : « je suis très fier de voir Me Fatimata Mbaye récompenser par ce prix qui est un mérite pour elle et nous l’avons tous mérité aujourd’hui. Nous sommes déjà trois organisations à avoir ce prix : l’Amdh, l’Afcf et SOS Esclaves. C’est un prix qui honore nos organisations et nos réseaux pour la lutte contre la traite des personnes, contre l’esclavage et pour le développement des droits  humains en Mauritanie. C’est un encouragement », a-t-il soutenu.
Même son de cloche chez Aminetou Mint Ely (Afcf) : «C’est une fierté pour nous. Nous avons consacré toute notre vie à lutter pour le respect des droits de l’homme, pour l’égalité des hommes, pour la démocratie. C’est une reconnaissance méritée. C’est une victoire pour nous défenseurs des droits humains». Pour Aminetou, «C’est le trio gagnant au nom des défenseurs des droits humains mauritaniens ». Une façon de rappeler que Boubacar Messoud (SOS Esclaves) a eu son prix en 2008, elle (Aminetou Afcf) en 2009 et Me Fatimata Mbaye aujourd’hui tout en reconnaissant les efforts consacrés pour ce combat. «Nous avons travaillé et mené un combat ensemble couronné par ces prix d’encouragement et ce, malgré tous les problèmes, toutes les difficultés que nous avons traversées ». Elle renchérit : «Me Fatimata Mbaye mérite cet honneur et personnellement, je félicite les militants des droits de l’homme. Car cela montre que quelque soit le temps que cela durera, nos efforts seront récompensés un jour et Fatimata Mbaye a eu ce mérite». Toutefois, Aminetou a déploré la discrimination dont les défenseurs furent victimes. «Nous sommes discriminés, marginalisés et humiliés au niveau national mais à l’extérieur, nous représentons quelque chose et c’est cela qui compte et le résultat est là aujourd’hui. Ce sont des prix que nous avons gagné au nom de la Mauritanie et c’est la Mauritanie qui doit être fière au nom de ses combattants pour l’égalité des hommes».  
Le prix, les «Héros de la lutte contre la traite de la personne», a été attribué par 10 lauréats de différents pays et de différentes disciplines. Parmi les lauréats, il y avait un commissaire de police d’un pays qui s’appelle Aruba dans les Caraïbes, un magistrat de l’Argentine, une ancienne magistrate de la Cour européenne de justice, une ancienne vice commissaire du Haut commissariat des droits de l’homme, une victime de la traite de l’esclavage et de travail forcé du Cambodge qui a retrouvé la liberté il y a de cela 5 mois seulement, un procureur de la République d’Amérique … pour ne citer que ceux-là.
Moulaye
                                            
                                                                       reportage photo










lundi 25 juin 2012

Aziz, Ely et les «nègres de service»

          «Passif humanitaire» :

Dans une récente déclaration faite à une radio privée de la place, l’ancien Chef d’Etat sous la transition, Ely Ould Mohamed Vall, aurait tenu des propos qui tendraient à remettre en cause ce qui s’est passé en 1989, à savoir l’expulsion et la déportation de milliers de Mauritaniens noirs, dont la citoyenneté a été remise en cause du jour au lendemain. Des propos que conteste naturellement l’intéressé qui crie à la manipulation et au complot. Sans préjuger de la sincérité des uns et des autres, force est de constater que l’exploitation qui a été faite de cet «incident» par les proches de Aziz, dégage une odeur de récupération politique et politicienne qui n’a échappé à personne.


          Mais au-delà des relations en dents de scie entre ces deux hommes, deux cousins, deux poids lourds de l’armée, deux Chefs d’Etat, que tout oppose et qui expliquent que l’un et l’autre cherchent à se servir de n’importe quel prétexte pour se neutraliser réciproquement, c’est l’attitude de ceux qui se font appeler pompeusement les «cadres négro-africains» qui suscite l’incrédulité, aussi bien sur la forme que dans le fond. La première question qu’on se pose est de savoir de quel droit et de quel mandat disposent ces individus pour parler au nom d’une communauté qui ne leur a rien demandé ? Et d’ailleurs, comment une initiative dénommée «pour une Mauritanie unie», ose-t-elle revendiquer être le porte étendard d’une seule communauté ? Comme disait quelqu’un, un problème national se traite au niveau national.  Donc en agissant ainsi, les «cadres négro-africains» se contredisent et suggèrent que ce problème ne concerne que les négro-africains.



Stratégie du caméléon



Mais c’est sur le fond que le bas blesse, puisqu’on ne peut pas défendre une chose aujourd’hui et son contraire le lendemain. En effet, la plupart – pour ne pas dire tous - de ceux qui ont participé à cette manipulation, ont toujours été des défenseurs des différents régimes qui se sont succédé. Y compris celui d’Ould Taya, qui était le commanditaire et l’exécutant des actes qu’ils sont aujourd’hui en train de dénoncer. Pourtant, à l’époque, certains d’entre eux avaient pris leur bâton de pèlerin pour tenter de dédouaner un régime qui a tué, expulsé et déporté. Mieux, ils ont voté - ou cautionné - une loi d’amnistie qui était supposée mettre un terme à cette tragédie. Si on est indulgent, on pourrait avancer que cette époque est révolue, que seuls «les imbéciles ne changent jamais» ou encore qu’ils se sont repentis. Mais cet argumentaire ne marche pas dans la mesure où au sein même du régime qu’ils sont en train de soutenir corps et âmes présentement, ils côtoient quotidiennement des personnes soupçonnées d’avoir participé à ces événements, d’une manière ou d’une autre, ou en tout cas citées dans différents rapports et publications. En l’absence d’une commission d’enquête indépendante qui établirait les faits, et dans l’état actuel des informations dont on dispose – c’est-à-dire de simples témoignages des uns et des affirmations des autres -  Ces gens – nouveaux amis des nègres de service puisque leurs intérêts se recoupent – sont aussi entachés, sinon plus que Ely Ould Mohamed Vall, qu’on cherche à vouer aux gémonies.


Marionnettes opportunistes


         Pourquoi les «cadres négro-africains» attendent-ils toujours que ceux qui les manipulent agitent leurs baguettes pour qu’ils réagissent ? Pourquoi n’exigent-ils pas que la lumière soit faite une bonne fois pour toute ? Certes le Président Aziz a fait des choses dans ce dossier ; certes il y a eu des évolutions positives ; mais on a toujours l’impression que le traitement de ce problème reste sélectif et qu’on continue de l’instrumentaliser. Du côté du pouvoir certes, mais aussi du côté des victimes ou de leurs ayants droits. C’est pourquoi des Mouvements comme «Touche Pas à Ma Nationalité» - au-delà de ce qu’on peut lui reprocher - a refusé de participer à cette manifestation qu’il considère comme une plaisanterie politique visant à jouer sur la fibre sensible des ethnies mauritaniennes et qui n’est dans l’intérêt d’aucun mauritanien sain d’esprit. TPMN a indiqué qu’il ne sera pas un instrument entre les mains des nègres au service du pouvoir, aveuglés par leurs intérêts personnels plutôt que les intérêts du pays. Ibrahima Moctar Sarr et Kane Hamidou Baba n’ont pas également voulu prendre part à cette activité.

Ce qu’il est convenu d’appeler le «passif humanitaire» est en train malheureusement de devenir le nouveau fond de commerce des nègres de service qui sont dans une perpétuelle recherche de créneaux qui leur permettent, quoi qu’il advienne et quel que soit le régime, de rester aux avant-postes et de s’autoproclamer porte-paroles d’une communauté qu’ils contribuent à humilier.


Eveil-hebdo

vendredi 22 juin 2012

Les réseaux sociaux au service des journalistes culturels


            
 L’Institut français de Mauritanie a accueilli du 17 au 21 juin 2012 un atelier de formation sur le thème « Journalistes culturels, web et réseaux sociaux » pour accompagner les jeunes professionnels mauritaniens.
Une dizaine de journalistes mauritaniens (travaillant pour Cridem, L’Authentique, Mauritanies1, éveil hebdo ou encore AlAkhbar) ont assisté à cet atelier qui s’inscrit dans le cadre de la cinquième édition du festival Assalamalekoum organisé du 21 au 29 juin 2012 à Nouakchott.
L’objectif de cet atelier était d’apporter à ces professionnels de l’information de nouvelles compétences et un certain nombre de techniques pour mieux se servir des outils comme Twitter, Facebook et YouTube.  Il s’agit bien entendu d’accompagner les pratiques d’une manière professionnelle afin d’améliorer la couverture des évènements sur lesquels les journalistes peuvent travailler.
« J’ai proposé ce projet de formation à l’Institut français de Mauritanie parce que j’estime que les journalistes avaient beaucoup contribué aux quatre dernières éditions d’Assalamalekoum, et j’ai pensé également que c’était le moment pour le festival de faire quelque chose d’assez innovant en formant les journalistes sur l’utilisation des réseaux sociaux », a déclaré Kane Limam, dit Monza, fondateur du festival Assalamalekoum international.
Cet atelier a été orchestré par Julien Le Bot, journaliste français, spécialiste des réseaux sociaux. Titulaire d’une maitrise de philosophie de l’Université de La Sorbonne (Paris IV) et d’un Master 2 de journalisme de l’Université Panthéon Assas (Paris II), ce dernier a auparavant travaillé dans plusieurs médias français tels que France 24, ou La Croix. Il a d’ailleurs fondé, en 2011, sa propre entreprise développant une plateforme web destinée à valoriser l'information dite « hyperlocale » répondant au nom de Yakwala tout en assurant des formations à l’étranger.
Le spécialiste français a d’ailleurs souligné au cours de cet atelier l’importance des médias sociaux dans le journalisme et son « évolution », avec leurs mérites mais aussi leurs limites. Julien Le Bot a insisté sur l'importance de ses outils pour le journalisme professionnel, y compris culturel. «Ils pourront beaucoup vous apporter en termes de collecte de renseignements, recherche de sources, et suivi de l’information», a-t-il indiqué.
Plusieurs participants ont exprimé leur satisfaction pour leur participation à cet atelier. A l’exemple de notre confrère d’AlAkhbar Mohamed Diop : « la formation a été satisfaisante d’une manière générale, on a pu apprendre comment utiliser les réseaux sociaux notamment Facebook et Twitter, mais ça a aussi été l’occasion pour nous de renforcer nos compétences sur les techniques d’interview. Néanmoins l’horaire de la formation n’était pas adaptée à l’agenda de certains journalistes », a-t-il dit. Lors de la clôture, les journalistes ont exprimé leur satisfaction d’avoir pu acquérir savoir-faire et compétences en matière d’utilisation des réseaux sociaux au cours de cet atelier.

Ces sessions pratiques sur la l’utilisation des réseaux sociaux ont par ailleurs permis d’aborder les questions de sélection des sujets, de repérage des phrases essentielles, de collecte et tri des données. Le formateur français a aussi insisté sur l’importance de produire des reportages clairs, de porter attention au matériau iconographique et de savoir présenter de manière attractive articles et rubriques aux médias intéressés. Enfin, un exercice pratique a bouclé la session et les participants ont produit chacun au moins un article sur le festival Assalamalekoum. 




                                               

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